La véritable nature de l'omniprésence

Conférence du Maître Suprême Ching Hai,
Los Angeles, Etats-Unis, le 19 juillet 1997 (Initialement en langue Au Lac)

A l’heure actuelle, tandis que nous sommes ici à bavarder, nous vivons simultanément à travers tous les niveaux que nous avons réalisés ou non. Nous ne vivons pas seulement en tant qu’êtres humains ici. Nous sommes également des fées, des saints, des dieux et des bouddhas, même des fantômes. C’est parce qu’il y a beaucoup de niveaux dans l’univers.
Par exemple, aujourd’hui vous allez faire un barbecue végétarien. On va vous donner un pique sur lequel vous allez mettre différents ingrédients. Un morceau de poivron, un de tofou, un de gluten, un de jambon, etc.. Ensuite, lorsque vous tiendrez le pique, vous pourrez voir tous ces ingrédients. Tout est dans votre main. La vie humaine, c’est la même chose. En un instant, nous sommes capables d’incarner toute la nature et la  connaissance de chaque niveau de l’univers. C’est juste que nous ne le savons pas.
C’est parce qu’à l’heure actuelle nous vivons dans ce monde en tant qu’êtres humains. Nous avons choisi la forme humaine, et par conséquent, avons fermé toutes les autres grilles, afin d’être capables de vivre une vie humaine cette fois-ci. Si les grilles étaient grandes ouvertes, vous sauriez que vous êtes aussi une fée, un bouddha, un dieu, ou le passé, le présent ou le futur, et alors vous ne seriez pas capables de mener à bien les responsabilités, les devoirs ainsi que le voyage que vous avez choisis d’entreprendre dans cette vie. A vrai dire, il n’y a ni troisième, ni quatrième ni cinquième niveau. Tout est nous-mêmes ; le troisième niveau, c’est nous, le quatrième aussi, et le deuxième également. Si nous voulons retrouver toutes ces choses que nous possédons, telle que cette immense connaissance, alors il faut pratiquer la Méthode Guan Yin pour la regagner. Plus nous pratiquerons à un niveau élevé, plus nous serons capables de savoir qu’en fait nous sommes le tout. Tout les êtres sont un pour cette raison. Si nous choisissons de ne pas pratiquer, dans ce cas, nous savons seulement que nous sommes des êtres humains qui iront travailler jour et nuit, aveuglément. Nous rentrons chez nous, nous retournons au travail, nous nous occupons de notre épouse, de nos enfants, nous nous disputons avec eux, nous nous disputons avec notre mari. C’est tout ce que nous faisons sans savoir autre chose.
Alors que si nous voyons que notre voyage choisi en tant qu’être humain semble une erreur et nous ennuie, et que nous voulions en savoir plus ; en pratiquant la méthode Guan Yin, nous pourrons en savoir plus. Notre vie se transformera naturellement (applaudissement).
Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi applaudissez-vous aussi bruyamment ? (Le public : Très bien.) Vous avez compris ? Mon Dieu ! Mon discours était tellement mauvais, mais vous avez tous compris quand même. Vous êtes tellement bien. C’est vrai. En fait, je craignais que vous ne compreniez pas, parce que ce sujet est trop compliqué. Difficile à expliquer.
Par exemple, voici un pique sur lequel il y a tous les ingrédients ; mais si vous avalez un morceau de tofou, vous connaissez seulement le goût du tofou. Ah, nous avons faim, et le tofou c’est ce que nous préférons, nous mangeons le morceau de tofou en premier et nous ne connaissons que le goût du tofou. Alors nous ne choisissons que le tofou pour en apprécier le goût ; notre mental et notre plaisir étaient focalisés sur ce morceau de tofou.
Bien que notre pique soit plein d’autres ingrédients, nous ne faisons pas attention à eux, alors nous ne savons pas. Ne pas faire attention signifie également que nous ne savons pas, parce que nous ne faisons pas attention à eux. Bien sûr, nous connaissons tous les ingrédients,  c’est que, soit nous ne faisons pas attention à eux, soit nous ignorons leur existence. C’est notre esprit qui veut ça. Toute notre attention est focalisée sur un morceau de tofou. Comme nous aimons tellement ça, et que nous ne pensons qu’à  en apprécier le goût en premier, nous oublions les autres. Pourtant, nous savons ce qui c’est passé avant et après. De la même manière, c’est seulement si vous choisissez d’apprécier d’autres goûts que vous serez capables de vous souvenir de quelque chose spontanément.
C’est pourquoi, tandis que nous vivons cette vie d’homme, nous pensons souvent que nous avons un sixième sens. En regardant en arrière depuis l’enfance, nous avons souvent eu ce genre d’expériences même avant de pratiquer la méthode Guan Yin. Il vous est arrivé d’en faire l’expérience. Vous êtes assis quelque part, et intuitivement parfois, vous avez l’impression de vous souvenir de quelque chose qui pourtant n’est pas familier, vous n’aviez jamais fait cela auparavant, mais vous savez. Et vous vous dites parfois que vous voulez faire quelque chose dans l’avenir, mais tout à coup, cela se fait, c’est ce que nous appelons le sixième sens. Le sixième sens nous informe que nous ne devons pas nous engager dans une telle affaire.
Parfois, alors que nous sommes en train de faire quelque chose, nous nous disons, oh, il ne faut pas faire ça. Nous le savons d’instinct. Comment cela se peut-il  alors que nous ne l’avions encore jamais fait ? De nombreuses personnes appellent ça le sixième sens. D’autres disent que cela vient de notre expérience de vies antérieures. En fait, ce n’est pas cela. C’est juste un discours du subconscient, un discours d’une expérience passée ou future.
A vrai dire, il n’y a ni vie antérieure ni vie future. Il n’y a que la vie humaine qui est une chaîne infinie et sans fin. C’est parce que nous faisons la différence entre le passé et le futur, nous avons choisi que cela soit ainsi.
En faisant cela, nous avons isolé différentes expériences qui sont séparées par sections. Tout comme notre maison que nous avons divisée en pièces séparées. Pourtant c’est toujours notre maison. Avant de la séparer en pièces, c’était un espace ouvert. Et lorsque nous enlevons tous les murs, c’est toujours un espace ouvert. Nous l’avons divisée afin d’avoir des endroits séparés et pouvoir travailler tranquillement.
De la même manière, dans la vie éternelle d’un être humain, d’un être pas entièrement humain, d’un être sensible, il y a également de nombreuses sections, pour cette raison. Mais en réalité, c’est une longue chaîne sans fin. Dans notre vie présente, il y a aussi le passé et le futur. Parce que le temps et l’espace n’existent pas. Ils ne sont que le résultat d’un choix que nous avons fait pour devenir humain, pour faire le travail que nous avons voulu faire aujourd’hui.
Sinon, il serait ennuyeux d’avoir à réaliser le travail passé et futur en une vie. Cela ne serait pas fidèle à ce que nous voulions à l’origine. Ce que nous voulions, c’était de descendre dans ce monde, à l’heure actuelle, juste pour choisir d’être un être humain. Ensuite, nous choisirons d’être une fille, ou un Bouddha à un autre niveau. Lorsque nous voudrons choisir d’être un fantôme ou un diable, nous choisirons de l’être à un autre moment. Nous fermerons la grille de l’espace et du temps pour créer un espace isolé afin de devenir un être humain, un fantôme, un démon ou une fée. A vrai dire, la vie de chaque être est une chaîne sans fin. Tout est emmagasiné dans cet espace de temps sans passé, futur ou présent. C’est nous qui avons choisi un certain angle de vie pour accomplir le programme que nous avons choisi d’expérimenter par rapport à ce que nous aimons. Nous avons envie de le faire pour l’expérimenter, c’est tout. (Applaudissements) Ah, c’est très difficile. Mais à vrai dire, si en même temps nous savions que nous étions un saint ou un bouddha, nous ne serions pas capables de remplir notre devoir d’êtres humains (applaudissements). Ce serait impossible, parce que tout ce que nous ferions dans une dévotion et une énergie totale serait réalisé dans toute sa grandeur et sa profondeur. Mais si nous savions déjà que nous sommes Dieu, il serait impossible de rester assis et de pleurer lorsque notre mari nous quitte. De pleurer avec une passion véritable (rires, applaudissements).
Si nous sanglotions sans passion réelle, alors nous ne serions pas capable de ressentir la souffrance d’une femme qui a été quittée par son mari. Nous ne serions pas capable de réaliser complètement le rôle que nous avons choisi pour nous tester. Nous en faisons l’expérience afin de connaître la profondeur de la souffrance. Ainsi, lorsqu’une personne parle de la souffrance d’un délaissé, nous sommes capables de comprendre et d’exprimer notre sympathie envers cette personne. Nous essaierons ensuite de l’aider à résoudre ses problèmes, car nous sommes déjà passés par là avant.
Si le Bouddha était resté à méditer quelque part, il n’aurait rien eu à faire. Il n’aurait connu ni chagrin, ni inquiétude et cela aurait été tout à fait bien considéré. Si nous choisissons un tel voyage, c’est parfait. Beaucoup choisissent de goûter à l’ironie et à l’amertume pour s’amuser. Parce que dans la longue, longue vie de l’éternité dans l’univers, si nous n’avions pas choisi d’essayer telle chose aujourd’hui et telle chose demain, nous nous ennuierions à mourir (rires). Aujourd’hui, nous quittons notre mari, demain il nous quittera et c’est drôle. (Applaudissements, rires).
Par exemple, le Bouddha assis là, a choisi d’être un être humain. Si en tant qu’être humain il pense encore qu’il est Bouddha, comment serait-il capable de réagir quand sa femme le quitte ou quand son mari la quitte ? Bien. Un de ces jours, je vais aller me chercher un autre mari. Ce n’est pas grave, la vie est éternelle. Alors il regarde vers l’avenir, se disant : « Ah, une autre femme arrive, elle est encore mieux ! » Puis il dit, « Bon, d’accord, va-t-en ! » Et il ne pleure plus.
Bien, maintenant parlons d’un sujet moins compliqué, les acteurs et actrices par exemple, de votre acteur préféré ou de Liz Taylor. Quand elle a joué Cléopâtre, elle a dû mettre toute sa force, toute son énergie, toute sa concentration et son talent au service du rôle. Si à ce moment elle se souvenait qu’elle était Liz Taylor, alors elle n’aurait pas été capable de jouer le rôle.
C’est parce que la Liz Taylor de Beverly Hills avait un mari, et qu’elle en avait déjà quitté huit, et que celui-ci était différent (rires). Si elle s’était rappelé le mari qui l’avait quittée, elle pleurerait toutes les larmes de son corps au sujet de cette triste histoire de mari. Comment serait-elle capable de jouer Cléopâtre ? Lorsqu’elle jouait, elle devait être là, elle devait être Cléopâtre. A partir de cet exemple, nous pouvons très bien comprendre.
Les saints ou Dieu, c’est la même chose. Quand ils doivent jouer le rôle d’un humain, ils doivent bien le jouer, ce qui veut dire qu’ils doivent être cent pour cent humains. Tandis que s’ils s’associaient à la sainteté ou à Dieu, ils ne seraient jamais capables de jouer le rôle d’un être humain. Les saints et Dieu ont de si grands pouvoirs magiques, qu’ils ne pourraient s’asseoir là et pleurer toutes leurs larmes parce qu’une femme les a quittés, cela ne se produirait jamais, c’est tout. (Applaudissements)
Par conséquent, parfois, lorsque je vous ai dit que vous étiez un Bouddha ou un saint, vous n’avez pas compris ; c’est parce que vous avez décidé de vous oublier vous-mêmes. Maintenant, la vie d’être humain vous ennuie ou vous n’avez pas appris beaucoup, ce chemin n’est pas très drôle. Comme ce n’est pas un bon choix, vous voulez redevenir un saint, un Bouddha ; ou bien vous avez été un humain pendant trop longtemps, vous avez vécu des vies et des vies sans être capables d’en sortir. C’est tellement ennuyeux, pensez-y. Puisqu’il n’y a plus rien d’excitant, nous voulons retrouver notre niveau de conscience supérieur. Alors, il faut choisir de suivre le chemin de la Méthode Guan Yin. (Applaudissements)