Laissez votre pratique spirituelle devenir
une habitude pour faire face à toutes
les circonstances
 
 
Par le Maître Suprême Ching Hai, Costa Rica, le 26 décembre 1990
(Initialement en anglais)

Nous devons pratiquer tous les jours pour que, dans les cas d'urgences et pour le moment de notre mort, lorsque nous sommes agités, souffrants, dans la peur et la douleur, nous n’oublions pas. Il ne s’agit pas de pratiquer tous les jours dans des conditions paisibles et normales, et lorsque le danger se présente, lorsque nous avons le plus besoin de Dieu, Le mettre dehors, oublieux de toutes les bénédictions du Gourou, et les mantras envolés par la fenêtre. Oui, c'est pourquoi nous pratiquons tous les jours, pour ne pas avoir peur dans les situations d'urgences et garder un état d'esprit paisible et équilibré nous évitant de nous égarer.
Si nous devons mourir à ce moment, mourons avec le souvenir de Dieu, et notre prochaine naissance sera en toute certitude d'un très haut niveau. Si nous ne nous rappelons pas de Dieu au moment de notre mort, l'endroit de notre prochaine naissance n'est pas garanti. Alors, nous devons pratiquer tous les jours pour ce moment. Et pour les situations de danger, parce que dans le danger, nous ne savons pas si nous survivrons ou pas. Alors, lorsque nous sommes dans un état d'esprit normal et dans des conditions normales, nous devons pratiquer, pratiquer pour que cela devienne une habitude, pour que même dans le danger, nous n'allions pas, ne puissions pas abandonner cette habitude, parce que lorsque nous sommes en danger ou proches de la mort, c'est à ce moment où nous en avons le plus besoin. Nous pratiquons toute notre vie juste pour ça.
Je me souviens, quand j'étais encore avec mon mari, je n'avais pas encore la Méthode Guan Yin. Je répétais les noms du Bodhisattva Guan Yin. Je méditais sur la respiration, et je récitais aussi les sutras. Je pratiquais ainsi. Tous les matins et tous les soirs, je faisais cela. En tout temps, je répétais le nom du Bouddha. Une fois, une fin de semaine, nous sommes partis à la campagne, à un endroit très reculé. Je crois qu'il voulait skier, alors nous avons dû aller en très haute montagne où il y avait beaucoup de neige.
Ainsi, lorsque nous sommes revenus, il faisait très sombre car il était très tard et la route était très glissante parce que verglacée. Comme il était très tard et c’était la campagne, les gens n'ont probablement pas pensé à mettre du sable sur la route. Et nous n'avions pas mis de chaînes sur nos pneus. Mon mari est un bon conducteur, mais comme il conduisait en descente, soudain la voiture a dévié et a manqué se renverser. Mais ça ne s’est pas produit, elle a seulement failli.  Avant cela, je l'avais prévenu ; j'ai dit soudain : "Sois prudent". Je venais à peine de dire cela lorsqu’il a commencé à perdre le contrôle de la voiture. Il a essayé très fort de maîtriser la voiture, c’était très dangereux. J'ai mis ma main sur son coeur et j'ai dit : "Ne t'en fait pas. Le Bodhisattva Guan Yin va nous protéger". Je l'ai dit très calmement, comme une évidence.
Soudain, la voiture s'est arrêtée en descendant la côte ; bien sûr du côté abrupt de la route. La voiture est sortie de la route et s’est immobilisée dans la neige. Aussi, nous avons eu du mal à ouvrir la voiture, nous avons marché dans la neige jusqu'à en sortir. Nous n’étions pas blessés et la voiture était intacte. Nous avons marché quelques centaines de mètres et nous avons trouvé une ferme. C'était merveilleux, le fermier avait un camion avec une grue qui pouvait remonter notre voiture.
Alors, en un rien de temps, notre voiture était sur la route et nous sommes rentrés à la maison. Pas de problèmes. Alors, même en pratiquant seulement un peu, nous pouvons trouver le calme dans les moments difficiles. Alors croyez-y, ayez la foi et pratiquez. Lorsque vous vous en souvenez, répétez les Cinq Noms. Lorsque vous vous rappelez, portez votre attention sur le troisième oeil. La répétition et l'attention à cet endroit nous aideront à converger notre énergie vers le troisième oeil. Depuis ce point, le flux du son soulèvera notre âme ou nous soulèvera. Ce n'est pas l'attention et la répétition qui font à eux seul tout le travail. Le son est très important. C'est une énergie très puissante qui peut nous soulever.
Habituellement, nous entendons le son, mais très faiblement. C’est seulement lorsque toute notre attention est amenée jusque là que le son peut nous soulever vers des mondes supérieurs ; parce que là, il y a un centre qui nous permet de prendre contact avec ces mondes supérieurs. Mais pour entrer en contact il faut se rendre à ce centre. Ce que vous avez parfois comme expérience, ou à l'initiation, sont seulement des bénédiction supplémentaires. Sinon habituellement, cela prend de nombreuses années de pratique pour atteindre ce vide intérieur. Une fois que nous avons atteint ce niveau, le contact avec ces mondes supérieurs est possible.
Le son est très important. Nous devons méditer, méditer, méditer et pratiquer jusqu'au moment où tous les courants soient constamment dirigés vers le troisième œil. Ensuite, nous pouvons y aller à notre guise et sans souffrances. La plupart des gens souffrent au moment de la mort parce que leurs courants s'attardent dans tous les pores du corps. Lorsque le temps est arrivé, le courant doit nous soulever et ensuite forcer la sortie très violemment, involontairement, avec beaucoup de souffrance, comme des milliers de fourmis qui nous mordraient.
Maintenant, par la pratique de la méditation, nous nous habituons à ramener le courant au niveau du troisième oeil. Alors, au moment de la mort, ce sera comme une méditation quotidienne. Lorsque nous avons l'aide d'un Maître, le courant nous soulève rapidement et d'une manière naturelle. Nous quittons le corps physique sans même nous en rendre compte. Au moment de la mort, le Maître viendra dans toute sa gloire, avec de la belle musique et de très beaux paysages du paradis. Alors nous ne ressentons aucune souffrance et nous ne sentons aucune attache à la laideur et aux ténèbres de ce monde.